Lundi 15 mars 2010
1
15
/03
/2010
08:00
Par Mu
Je n'apprécie pas les parfums du commerce, mon nez n'en retient que l'alcool et ma peau le "boit" illico. Enfin, c'est l'impression que me parfumer me donne.
En fabriquant mes liqueurs, j'ai constaté que l'alcool pur conserve les odeurs ... (OK, cela fait des siècles que l'humanité l'avait compris !). C'est ainsi
qu'a commencé ma grande quête du parfum.
J'ai lu sur le sujet, les histoires de notes de tête, de coeur, de fond, afin de comprendre le principe alchimique et j'ai beaucoup tâtonné. C'est qand même une
affaire de pro et je n'en suis pas du tout une !
Logiquement, j'ai attaqué avec des macérats alcoolisés de plantes fraîches ou sèches ! Erreur, ça se boit bien, une fois sucré, mais ça colore nettement
l'alcool et c'est inexploitable parce que ... ça tâche, évidemment.
Après, j'ai tenté les seules huiles essentielles, pas mal, mais trop volatile, aussitôt mis, aussitôt évanoui ...
Finalement, ce sont le compromis et l'assemblage que j'ai retenus : j'utilise, à la fois, des macérations dans l'alcool et des huiles essentielles et
j'assemble divers macérats.
Je ne vous chanterai pas le couplet des notes de fond, coeur, tête, même si je les applique forcément, je reste instinctive et il est fort possible que
mes compositions ne conviennent pas à votre âme. De plus, je suis souvent empirique sur les quantités, puisque je corrige au fur et à mesure.
J'utilise de l'alcool à 90° de pharmacie, mais vous pouvez le remplacer par un alcool neutre style vodka (elle titre autour de 40 °, il ne sera alors pas besoin
d'ajouter d'hydrolats comme avec l'alcool à 90°).
alcool neutre
Un exemple : le parfum que je nomme
"enraciné"
Dans 250 ml d'alcool à 90° ou 125 ml de vodka, je fais macérer 2 clous de girofle, un petit bout de
canelle, deux noix de tonka, pendant un mois environ (il faut le sentir souvent pour juger de sa mâturité et éviter que le macérat ne se teinte trop ...). Dès qu'il est prêt, il suffit de le
filtrer et de le laisser évoluer dans une bouteille à l'abri de la chaleur et de la lumière.
J'ai toujours d'avance un macérat de musc végétal et un macérat d'écorces d'agrumes : pour le musc végétal, vous pouvez en commander sur le net (soyez très à cheval sur la provenance) et, pour les
agrumes, choisissez-les bio et de saison.
Il vous suffit de prélever les zests ou de couper un bout de musc et de les placer dans une bouteille avec l'alcool (agrumes d'un côté, musc de l'autre).
Lorsque mon macérat d'épices est mûr (l'odeur doit être bien prononcée), dans un vapo, je fais le mélange suivant (toujours indicatif, puisque j'y vais à
l'inspiration du moment ...) :
-si vous faites vos macérats avec de l'alcool à 90° : eau de fleur d'oranger bio (50%)
-macérat alcoolisé d'épices (35%)
-macérat alcoolisé de musc + macérat d'agrumes (15%)
-quelques gouttes d'huile essentielle (HE) de bay de St Thomas
-1 goutte d'HE de vétiver
-1 goutte d'HE de menthe verte
-qq gouttes de teinture de benjoin.
Attention : s'agissant du macérat d'écorces d'agrumes, il est photosensibilisant, il ne doit donc pas être utilisé avant
une exposition au soleil et il est a éviter en été de toutes les manières.
La teinture de benjoin "fixe" le parfum pour ne pas qu'il s'évapore aussitôt pulvérisé. Vous verrez que dans la pratique ce n'est pas aussi mécanique !
Et bien voilà, sur la base de cette technique, je fais un tas d'expériences plus ou moins heureuses. L'essentiel est de laisser place à votre imagination et de trouver l'assemblage qui vous
convient.
musc végétal et fèves de tonka
Pour ce printemps, je vais faire de nouvelles expériences avec de la tubéreuse
... à suivre !
Derniers gouttières