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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 08:00

Par Koulou, le serialmaquetteur et Mu
Au moment de la sortie de "Drulls et dralas", 2ème opus de la série "le Monde de Titus", Koulou, dessinateur de talent et membre de notre collectif, s'est entretenu avec la Goutte.

L'occasion de mieux connaître le métier de dessinateur BD, la genèse du "Monde de Titus", son auteur ...

Echange autour d'un thé virtuel entre le serialmaquetteur, Mu et Koulou, himself !


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Le monde de Titus


D'où t'est venue l'idée de donner des têtes "cubiques"  à Titus et aux autres snogards ?

Eh bien en fait, dans ma façon de dessiner, je construis toujours mes personnages en forme 3D simples que je peux mettre en perspective ensuite avant d'y ajouter les détails et les vêtements.
Je fais toujours un parallélépipède rectangle dans lequel je place ensuite la tête en perspective, quelle que soit sa forme.
D'ailleurs par le passé j'arrondissais mes têtes mais du coup elle ressemblaient toujours aux styles des BD qui ont bercé ma jeunesse : Tintin, Astérix, Les schtroumfs, Sybiline etc...  (eh oui, je suis pas tout jeune). Et donc, dans le travail préparatoire à la série Titus, je griffonnais à la recherche d'un style qui soit "mien" et se démarque des autres, un style exempte de cette impression de "comme untel" ou "déjà vu" qui imprégnait mes dessins habituellement.
Je cherchais  à me débarrasser de cette ressemblance à "ce qui nous a bercé" qui nous vaut la petit phrase classique des refus d'éditeur "libérez-vous des influences", en gros, cessez de faire "à la manière des autres" fussent-ils grands. Eux faisaient à leurs manière.
Et donc l'idée m'est venue de ne plus arrondir tout, en particulier les têtes. Et le style Titus est né ainsi. A partir de cet instant, mes dessins ont cessés de ressembler de trop à ceux des auteurs qui m'avaient influencé et nourri.


L'action semble se situer à une époque très reculée, genre l'antiquité. Comme pour Titus 1 qui abordait  -entre autre- l'égalité homme-femme à travers l'obstination de Maya à devenir guerrier-forgeron, traites-tu d'autres sujets de société actuels dans le 2ème tome ?

Oui, en fait, ce qui m'intéresse, c'est nos expériences humaines, notre parcours de vie en général, notre cheminent intérieur vers "nous-même" vers "les mystères de la Vie".
C'est de cela dont j'ai envie de débattre et de témoigner dans mes BD. Ce sont des choses tout à fait intemporelles que je pouvais donc transposer dans l'univers de mon choix sans les dénaturer.
Ainsi, comme je n'aime pas dessiner notre époque, je me suis créé tout une antiquité imaginaire, fantaisiste, pour y raconter mes aventures humaines.  Il me fallait un univers aussi riche que possible pour m'offrir un maximum de possibilités. J'ai donc créé 22 peuples autour d'une mer intérieure ressemblant à la Méditerranée et du coup j'ai là un terrain de jeu formidable pour faire évoluer mes personnages et raconter mes aventures humaines.
Dans un cadre qui est plus dépaysant que notre quotidien. L'idée m'est venue, il y a longtemps quand, en découvrant gamin la guerre des étoiles, (le tout premier en 1978) j'ai vu que, sous des allures de science fiction, on nous racontait une histoire de chevaliers en fait, qui aurait été la même dans un cadre moyen-âgeux. Plus tard, j'ai compris qu'il s'agissait en plus d'un drame oedipien entre Luke et Dark Vador qui donnait au récit toute sa force et sa pertinence, et j'ai eu encore plus envie de m'approprier cette façon de faire.

Je continue à débattre en détail de l'égalité homme-femme dans le tome deux. En fait notre société est encore pleine d'inégalité entre les sexes qu'on ne voit plus tant nous y sommes habitués. Aussi, je prends un soin particulier à nous ouvrir les yeux au fil de l'album tout en racontant le voyage initiatique de Titus et Maya.
J'aborde aussi d'autres sujets. Sont-ils de société ou pas ? ça... je l'ignore... j'essaie d'aborder un ou deux thèmes par album, pas plus, de façon à pouvoir bien le traiter plutôt que d'en survoler plusieurs. Il y a aussi des sujets que j'aborde sans y avoir vraiment pensé ou sans faire "exprès".  Je laisse faire, je laisse venir. L'inconscient à sa part à jouer dans cette affaire. Je n'aimerais pas que tout soit "trop maîtrisé et pensé" dans Titus. Il faut une marge aléatoire, un espace pour l'imprévu.

J'essaie surtout d'éviter d'être moralisateur ou trop affirmatif, j'espère que j'y suis parvenu. En règle générale, je ne propose pas vraiment de solution, mais pose les données du problème, donne quelques pistes de réflexion, tends quelques perches, puis laisse mon lecteur faire lui-même le chemin. Je ne prétends d'ailleurs pas avoir les réponses à tous les questionnement de société. Et puis, il appartient à chacun de trouver "ses" réponses à lui.




Pour créer les personnages de Titus, Maya et Cyrius, est-ce que tu t'es inspiré de personnes réels ?

Oui, obligatoirement. Je pense qu'on y échappe pas, même si c'est inconscient pour la plupart. Titus et Maya s'inspirent plutôt de ma part lumineuse, ou de ce que j'aimerais être, un genre d'idéal de fraîcheur ou de jeunesse, un peu comme Tintin. Ces deux-là sont "mes Tintins" on pourrait dire. Du coup, ils ne s'inspirent pas de personnages réels, du moins pas consciemment et ils ont plus de qualités que des personnages réels de leur âge.  Cyrius lui est plus un anti-héros et, du coup, j'ai été piocher pour lui dans les traits et les travers de certains de mes amis que j'ai souvent un peu exagérés pour la circonstance.

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Crayonné


Dans Titus 2, assistera-t-on à une romance entre Titus et Maya, 2 des 3 héros de la BD ?

Ah ça ...  je ne peux pas  dévoiler une telle information, hé hé ... Disons qu'on découvre en même temps qu'eux, que Maya et Titus partagent de plus en plus de choses, puisque Maya est la seule à suivre à peu près le même parcours que Titus concernant les choses du monde invisible ... Ils ont cela en commun et ... ça pourrait bien les rapprocher oui.

Sur leur île, les snogards attrapent des tortues géantes pour se nourrir de leur viande. Et comme avec eux rien ne se perd et tout se récupère,  ils réutilisent leurs carapaces pour les transformer en habitation. On pourrait se dire qu'ils sont des précurseurs du développement durable, non?


D'autant qu'ils géraient très soigneusement la population de tortues géantes sur leur île vu qu'ils avaient conscience que toute leur survie en dépendait. Disons, que si il nous a fallut des millénaires pour réaliser que la terre était "finie" et non infinie, et donc que nous commençons à peine à comprendre et accepter l'idée qu'il va falloir en tenir compte dans nos modèles de sociétés, les snogards eux, réfugiés sur leur île bien plus petite, en ont pris conscience bien plus tôt et y géraient leur environnement consciencieusement.
En général, les peuples dits primitifs respectent et gèrent bien leur environnement. (Encore que l'exemple de l'île de Pâques soit le pire qui soit puisque là, tout a été détruit, jusqu'au dernier arbre au point que les humains en sont venus à s'entre dévorer jusqu'au dernier). 
En fait, sur leur île, les Snogards vivaient un peu comme les peaux-rouges du point de vue de leur rapport à la Nature. Dans le tome 2 tout change. De profonds bouleversements structurels interviennent qui transforment leur société et ils devront inventer une nouvelle façon de vivre. Ils passent de chasseurs cueilleurs à agriculteurs-éleveurs, c'est un changement énorme et je ne sais pas encore s'ils vont être de bons ou de mauvais gestionnaires de leur nouvel environnement. En fait, je les orienterai vers l'une ou vers l'autre attitude selon les besoins du débat.  La tentation est évidemment de les faire parfaits, or c'est beaucoup plus intéressant qu'ils fassent des erreurs, pour qu'ils soient confrontés aux conséquencens fâcheuses de ces erreurs et soient amenés à réfléchir et changer d'attitude.

Que peut-on te souhaiter pour la sortie de "Titus -Drulls et Dralas" ?

Eh bien, je ne doute pas du succès qu'il aura auprès de ses lecteurs, quand il les aura trouvés. La difficulté étant de faire se rencontrer les deux.
Ce qui me manque le plus dans cette aventure formidable, c'est de la médiatisation. De la visibilité. Le faire connaître ! Il existe pour être lu. Et en général, il plaît à tous ceux qui l'ont lu. 
Je n'ai eu que des retours positifs sur le tome 1. Le hic c'est que dans le monde actuel, c'est vraiment difficile d'"exister" dans l'esprit des gens à côté de gros succès comme Spirou, Astérix ou Titeuf et dans cette déferlante de publicités, d'images et de sollicitations en tout genre ... Alors oui, il m'arrive de rêver d'être invité à France Inter un jour pour en parler oui ... ça, ça ferait exploser le nombre de lecteurs, c'est sur. Il me suffirait d'en vendre 12 000 par an pour gagner 1.000 euros par mois. C'est peu quand on sait que Spirou tire à 200 000 exemplaire. Titus est à 3000 lui pour l'instant. Je pense évidemment qu'il mérite beaucoup beaucoup mieux. Mais là, on touche à la partie commerciale de cette aventure, et ce n'est plus mon métier. Je fais déjà les scénario, les dessins et les couleurs, et même les dédicaces autant que possible, je peux pas faire en plus la médiatisation. 

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Encrage

Tu dessines de puis très jeune, cela a toujours été une évidence pour toi mais tu es loin d'en vivre grassement alors que tu t'investis énormément sur chaque tome.
On peut te comparer à un petit artisan en fait. Peux-tu nous parler de  ton métier et nous décrire le travail réalisé pour ce Titus 2 ?


Oui, j'ai toujours trouver une "nécessité" à dessiner, un besoin de dessiner. Je pense que je gérais un tas de choses personnelles en dessinant. J'en vis pas encore du tout non en effet, je touche un euro pas album, ce qui est une part tout à fait honnête du prix global mais évidemment, comme on ne tire qu'à 3000 exemplaires, ça fait jamais que 3000 euros de salaire pour un an de travail. Mon seul espoir réside dans l'augmentation progressive du nombre de mes lecteurs.
Le travail consiste d'abord et avant tout à savoir de quoi je veux parler dans le tome en préparation. Qu'est-ce que j'ai à partager, à transmettre à mes lecteurs ? Ce sont là, les éléments qui nourriront le scénario. Je puise dans mon travail personnel sur moi-même et mon intérêt pour les autres. Dans les fruits de ma psychanalyse, mes lectures, mes rencontres, ma propre expérience de la vie et du spirituel. L'intérêt c'est qu'en faisant de cela la sève de mes BD je me condamne à continuer à chercher et à travailler sur moi-même, à m'intéresser aux autres et me questionner sur la condition humaine.
 
Quand j'ai ainsi trouvé les thèmes de ce dont je veux débattre dans mon album alors je peux commencer à travailler sur le scénario.  En l'occurrence pour moi, je mène toujours deux niveaux de récit en parallèle: Ce que vit le peuple de Titus, son évolution, et ce que vivent les trois héros plus personnellement en traversant ça. La petite histoire dans la grande Histoire en somme.
Ensuite me faut trouver comment débattre intelligemment habilement des thèmes choisis à travers les péripéties que je ferai vivre à mes personnages.

Quand j'ai ces éléments-là alors, je considère le scénario comme suffisant et je peux attaquer le story-board ( le brouillon de la mise en page/en image). C'est l'étape la plus importante. Quand le story-board est fait, on peut lire entièrement la BD et voir si tout fonctionne au mot près. les geste les expression des personnages doivent être en place et bien correspondre au récit. Là, je travaille et retravaille chaque mise en page, chaque scène jusqu'à ce que mon éditeur et moi soyons totalement satisfaits. C'est une étape difficile. Quand les 46 pages sont story-boardées, le moindre changement m'oblige à prendre les ciseaux et reporter le décalage parfois d'une simple bande ou d'une seule image sur toutes les pages qui la suivent... Quand le story-board nous convient alors je passe aux crayonnés. Il faut au minimum une heure pour story-boarder une page. Encore que ça n'a pas vraiment de sens de parler de temps de travail dans ce domaine puisque seul le résultat compte, peu importe le temps qu'on doit y passer pour.

Je crayonne en format A3 sur papier ordinaire. C'est aussi une étape difficile. Elle est très créative, même si on a le story-board comme guide, il faut réinventer nos personnages à chaque case. Tout en se replongeant dans l'aspect technique oublié depuis le tome précédent, à savoir: retrouver et garder les proportions des personnages, tenir le style, toujours bien régulier... Le tout en réussissant à conserver la fraîcheur et la pêche des croquis du story-board. Chaque étape de mise au propre a tendance à supprimer de la vie aux croquis très vivants et très expressifs du story-board. Il faut tâcher de résister à ça et conserver l'expressivité des croquis d'origine. Je suis content quand je parviens à crayonner une page par jour.

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Norbof sur un dinausore armuré


Quand les crayonnés sont terminés, je passe à l'encrage. Lors du tome 2, ayant des scène bourrées de détails j'ai dû passer de l'encrage sur papier lavis technique fin à la table lumineuse, à l'encrage sur calque directement, parce que la table lumineuse ne me permettait pas assez de précision, ni d'avoir une vue d'ensemble de ma page.
Depuis que j'encre sur calque, c'est encore mieux. L'encrage est peu créatif et plutôt exécutif. C'est un travail qui exige de la discipline et de la rigueur et de la patience. Il faut être régulier et discipliné, suivre précisément le crayonné et même le préciser bien souvent là où il est un peu brouillon. Il faut aussi tracer les lignes pour les lettrages, ça c'est fastidieux, puis faire les lettrages.
C'est très difficile pour moi cette étape car en dehors de mon travail j'ai une écriture très irrégulière et chaotique aussi, encrer mes texte de cette façon régulière et propre dans des proportions toujours égales me demande une terrible auto-discipline.
La tentation a été grande d'utiliser des lettrages informatique mais en fait, je préfère qu'ils soient fait à la main comme ça ils sont dans le style du trait de l'encrage et participe à l'unité et la cohérence de l'ensemble.  Et puis j'aime cette idée que "tout est fait à la main" même si c'est plus de boulot. Je suis content quand je parviens à encrer une page, une page et demie par jour même s'il m'arrive de réussir à en encrer deux dans la même journée.

Quand les encrages son faits, je dois les photocopier en Noir et Blanc numérique en les réduisant de A3 vers A4 afin de pouvoir les scanner ensuite pour les coloriser sur Photoshop. C'est un gros travail aussi car toutes les erreurs de l'encrage doivent être corrigées sur photoshop après scannage là où précédemment je corrigeais au blanco sur mes originaux. Cela prend plus de temps, en revanche, ça donne de meilleurs résultats et permet des  corrections plus complexes, comme déplacer tout un personnage par exemple.
Une fois les Noirs corrigés, je passe à la colorisation sur photoshop et là, ben, j'y passe entre 8 à 12 heures par page, plutôt 10 à 12 que 8 à 10 d'ailleurs. Mais ça donne de bien meilleurs résultats que quand je colorisais à la gouache. D'une part parce que je peux faire plein d'essais jusqu'à trouver la teinte juste, d'autre part parce que je peux aussi faire un tas d'effets facilement comme rajouter des ombres, un voile coloré d'ambiance, de profondeur, un dégradé dans un ciel, là où c'est très compliqué à faire à la gouache ou l'aquarelle.

Et quand j'ai fait tout ça, je dois encore le montrer à mon éditeur, qui repère des fautes à corriger bien souvent. On fait les dernières corrections et cette fois c'est bel et bien fini.   

Comme le maître Tolkien, tu as créé (en dessin) un monde complet avec ses peuples, sa géographie, son langage, sa cosmogonie, ... depuis quand construis-tu tout cela dans ta tête ?

Oui en effet, ça fait des années que ce "projet Titus" me trottait en tête, et mûrissait lentement. Je crayonnais des petits personnages antiques avec ces propotions-là mais sans encore la tête carrée.

Même si je n'en avais pas encore trouvé le nom d'ailleurs. L'un des premier croquis d'étude de cette série, un Norbof sur un dinosaure armuré est daté de 1999. Et ce n'est pas le premier en plus.

Le tome 1 est paru en mai 2008.
C'est pour dire que j'y travaille depuis vraiment longtemps. Mais c'est un plus considérable car du coup mon univers est très riche et j'ai pu pour le tome 2 y puiser les costumes, les bâtiments et les uniformes des nouveaux peuples qui y apparaissent. Quand on se retrouve à devoir inventer toutes ces choses au dernier moment, au moment du crayonné, parce qu'elles n'existent pas encore, on arrive jamais à un résultat aussi abouti et aussi cohérent que là. C'est là que je mesure tout l'intérêt d'y avoir travailler tout ce temps sans savoir si c'était du temps perdu ou pas.

drulls-et-dralas.jpg


Combien de tomes comptera la saga de Titus et des Snogard en quête d'une nouvelle terre ? Sur combien d'années ? As-tu déjà d'autres idées ou vis-tu toujours à fond avec Titus ?

J'ignore vraiment combien. Je ne me suis pas fixé de chiffre. Sur que j'aimerais qu'il y en ait au moins dix, mais aurais-je le matériau pour ? Sachant que je ne transigerai jamais sur la qualité. Je veux que ce que j'ai à raconter reste toujours aussi pertinent, singulier, sans me répéter ni me copier ou bien ne pas faire de nouveau tome. Alors, quant à savoir si cette magie là aura lieu dis fois... Si elle se produit une troisième fois ça sera déjà bien. Sinon, oui en effet, Titus pour l'instant occupe toute la place. Il n'y en pas pour d'autres projets. 


Titus : colon ou altermondialiste ?

 
Ha ha ! la question... pas  facile.  L'épisode 1 est une métaphore de la grossesse et de la naissance (avec son île paradisiaque entourée d'eau... dont on se doute bien que ça ne durera pas toujours). Alors la question c'est plutôt le nouveau né ? Est-il un colon dans la famille où il débarque ? Pour ses frères et soeurs oui !  Puisqu'ils devront se partager leurs parents avec un frère de plus.

En fait ça n'a pas de sens de poser le problème sous cet angle. Les Snogards sont projetés sans le vouloir sur le Grand Contient. Par chance, on les y accueille et leur cède une partie de territoire. Aux yeux de certains comme les Pikas, oui, ils sont d'affreux colons, qui devraient retourner d'où ils viennent, sauf qu'ils ne le peuvent pas. Pour d'autres ils sont une chance, une richesse de plus d'échanger de commercer, d'apprendre. Comme chacun de nous quand il débarque dans ce monde...

La question de savoir s'il on y a une place ou non ne se pose pas à nous, nous voulons vivre c'est tout. Mais peut-être que si je veux débattre de la culpabilité, du sentiment d'être "de trop" il sera intéressant de faire développer aux snogards un sentiment d'usurpation, pour s'être ainsi imposés sur des terres qui n'étaient pas à eux et où on ne les attendait pas. En fait, beaucoup de choses ne sont pas définies dans mon univers jusqu'au moment où apparaît une bonne raison de le faire, et qu'une direction s'impose à moi par la nécessité du débat intéressant qu'elle engendre.

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